Féru de recherches, le propriétaire du musée de la batterie de Maisy dans le Calvados a découvert la véritable histoire de George Klein. L’ancien combattant est bien un vétéran, mais il n’a jamais participé à la Libération.

Contrairement à ce qu’il prétendait, George Klein n’a pas participé à l’assaut de la Pointe du Hoc, le 6 juin 1944. Gary Sterne, propriétaire du musée de la batterie, à Maisy, explique comment il a découvert cette supercherie vieille de plusieurs décennies.

Comment avez-vous découvert la supercherie ?

Il y a deux ans, George Klein est venu me voir sur le site de la batterie de Maisy. Il contredisait ma version de l’Histoire. Il disait qu’il était là, le Jour-J, et qu’il n’avait jamais entendu parler de la batterie. Il défendait l’idée que les Rangers n’avaient que deux missions : attaquer les canons d’artillerie de la Pointe du Hoc et barrer la route de Grandcamp et Vierville-sur-Mer à l’armée allemande.

Quels éléments sont faux ?

Je suis allé aux Archives nationales américaines et je n’ai trouvé aucun ordre donné aux Rangers leur demandant de couper la route. Par contre, les Rangers devaient attaquer Maisy. J’ai parlé avec deux amis, vétérans des Rangers, ils n’ont pas de souvenirs de George Klein. Son nom n’apparaît nulle part dans les listes de Rangers [il s’est blessé à la cheville en tentant de rejoindre cette unité en 1943, note de la rédaction]. Il n’était pas non plus dans celle des blessés comme il l’affirmait. Il prétendait également qu’il était lieutenant, alors que l’on connaît les noms des seuls lieutenants présents [Robert Arman et Jacob Hill]. Enfin, il disait avoir attaqué une pièce d’artillerie. En réalité, elle a été déplacée sept ou huit semaines avant le D-Day.

Comment a réagi George Klein ?

J’ai informé le président d’une compagnie de l’armée américaine. Ce dernier est allé voir George Klein et lui a signifié qu’il avait des preuves de son mensonge. Le vétéran, car il a bien participé à la Libération, a reconnu sous la pression que toute l’histoire avait été inventée. Il a dit que c’était un petit mensonge qui n’a cessé de grandir et qu’il en était désolé. Je suis choqué que personne aux États-Unis n’ait jamais mené l’enquête.