Le maire, Michel Priouzeau, doit gérer une crise au sein de sa majorité municipale après avoir été mis en minorité.

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Lundi soir, le conseil municipal d’Arvert a connu quelques éclats de voix. Le vote qui devait élire les deux représentants de la commune à la Communauté d’agglomération Royan Atlantique (Cara) a pris une tournure inattendue (lire « Sud Ouest » du 1er août). 9 élus de la majorité municipale ont préféré voter pour l’opposant Daniel Trotin plutôt que pour l’adjointe à l’urbanisme, Marie-Christine Péraudeau, qui siégeait jusque-là à la Cara. Le maire, Michel Priouzeau, qui a menacé de démissionner, revient pour nous sur cet épisode qui va laisser des traces.

« Sud Ouest » À froid, comment analysez-vous ce vote de lundi ?

Michel Priouzeau C’est une marque de défiance. 9 personnes de ma majorité ont voté pour le conseiller municipal d’opposition. J’ai cru comprendre que ce n’était pas mon travail à la tête de la mairie qui était en cause, mais la légitimité, pour certains, de mon adjointe à l’urbanisme, Christine Péraudeau. On a voulu évincer une personne.

Quelles en sont les raisons ?

Elles sont diverses. Sur la presqu’île, on est dans un schéma plutôt masculin avec l’ostréiculture. Christine Péraudeau est une femme et ça ne plaît peut-être pas à certains. Il faut le dire.

Certains ont critiqué son manque de disponibilité pour être présente à la Cara ?

Avec son travail, elle ne dispose que d’un jour de disponibilité par semaine, qui est le jeudi. Si des réunions ont lieu à d’autres moments, il faut qu’elle prenne une demi-journée. Elle s’occupe de locations. En juillet et août, c’est compliqué. Elle a aussi une personne très malade dans sa famille dont elle doit s’occuper. Mais dès qu’elle le peut, elle est là. J’ai recensé les présences aux réunions et mon opposant Daniel Trotin a aussi eu des absences. C’est un mauvais procès. Moi, je n’ai en tout cas aucun reproche à lui faire. Certains m’ont suggéré d’élire plutôt un retraité. Alors qu’on se plaint que les élus sont parfois trop âgés, il est bon d’avoir des actifs dans une équipe. C’est en tout cas ma vision des choses.

Par ricochet, c’est votre autorité qui est cependant remise en cause…

C’est un problème. Même si je pense que c’est un acte de mauvaise humeur, j’ai quand même été mis en minorité. Ça veut dire que je ne peux plus faire confiance à 9 élus de ma majorité. Même si c’est Christine Péraudeau qui était visée, forcément ça me touche aussi. Demain matin (ce jeudi matin, NDLR), j’ai une réunion avec tous les adjoints. Je vais voir ce qui va se passer et se dire. Je suis aussi chagriné dans le sens où c’est quelqu’un de l’opposition qui va représenter la commune avec moi à la Communauté d’agglomération.

Êtes-vous toujours prêt à démissionner comme vous l’avez laissé entendre ?

Je vais voir ce qui va se passer. Au moment où je vous parle, je n’ai pas encore eu Christine Péraudeau au téléphone (1). Elle est partie rapidement du conseil municipal, lundi soir. Je ne sais pas dans quel état d’esprit elle est. J’aurai plus d’éléments dès ce matin. Je ne sais pas ce qu’elle veut faire. Va t-elle démissionner ? Rester ?

Je ferai part de ma position après coup.

Vous n’avez vraiment rien vu venir ?

Je sentais que quelques-uns des élus de ma majorité étaient prêts à sauter le pas et à voter pour Daniel Trotin. Quelques personnes, pas forcément de l’opposition, ont fait la tournée des popotes pour les persuader de le faire. Je considère qu’à l’heure actuelle je n’ai plus de majorité. Je le répète, j’attends de voir ce qui va se passer jeudi matin lors du bureau municipal.

(1) Nous n’avons pas pu joindre, hier, Christine Péraudeau.

SUDOUEST.FR